Le 4 décembre 2015, Coldplay sortait son septième album studio, A Head Full of Dreams. Un an plus tard, nous vous dévoilons les mystères derrière les textes de Chris Martin. Vous n’écouterez plus jamais cet album, ainsi que Ghost Stories comme avant.

« Le dernier tome d’Harry Potter ». Voici comment Chris Martin voyait A Head Full of Dreams. Fans, nous avons cru que cette œuvre en comportait sept. Faux, il y en a deux. Le premier n’est autre que Ghost Stories. Prenez la liste des chansons de A Head Full of Dreams, retirez Kaleidoscope et Colour Spectrum qui sont des titres de transitions. Il n’en reste donc plus que neuf. Le même nombre que Ghost Stories. Un hasard ? Non. Ce septième disque a été conçu comme la réponse pure et simple au précédent. Chaque chanson n’est que le reflet de son équivalent sorti un an et demi plus tôt. Les deux albums ont donc été conçus en parallèle. Et personne ne l’a vu. Mais ce début de lecture musicale est née il y a plusieurs mois, avec un verbe commun entre la première chanson de Ghost Stories et de son successeur. Pire, dans la première ligne ! « I think »… Voici donc le détail chanson par chanson. Attachez vos ceintures.

A Head Full of Dreams / Always In My Head

Le réveil après le sommeil. Le tout dans les deux premières lignes. Que dire de la fin de la chanson, qui oppose la pensée à la prise de conscience, et le doute à l’assurance. « Dans la vie je viens d’être réveillé, avec une tête pleine de rêves », qui répond au « je suppose […] pour te dire que tu es l’élue ». N’oublions pas un vers important de Always in My Head : « Et donc ma bouche pleure d’être nourrie ». Nourrie dans A Head Full of Dreams : « Là où il y a des miracles en activité, pour la soif et pour la faim ». Enfin, le second couplet de A Head Full of Dreams est écrit à la seconde personne. Ce protagoniste qui parle à Chris Martin est l’ange, évoqué dans l’interview du Parisien en novembre 2015, qui est joué par Beyonce : « elle joue le rôle de l’ange dans ce disque ». On en est qu’au premier titre.

Birds / Magic

La libération face à l’emprisonnement, spirituel bien sûr. Birds est un texte très ouvert, lâché, libre de toute barrière. Magic est au contraire très refermé, le refrain avec ses répétitions en témoigne. En 2014, Chris Martin disait qu’il « ne veut pas quelqu’un d’autre que toi ». Mais un an plus tard, « quelqu’un a démarré les fusées, m’a entrainé dans les rayons ». Symbole de décollage sentimental, l’impression d’être passé à autre chose.  D’où l’image de l’oiseau qui a donné le titre à cette chanson. À de là penser que les textes ont été écrits dans le même espace temps, il n’y a qu’un pas !

Hymn For The Weekend / Ink

L’eau contre la terre. Le tatouage sculpté de Ink est effacé par la rivière que l’ange est venue remplir. Dans le troisième titre de Ghost Stories, Chris Martin évoque « tes étoiles [qui] commencent à briller ». L’ange de Hymn For The Weekend parvient à « faire sortir les étoiles ». Cette comparaison montre bien qu’il y a une évolution imagée certes, mais qui dénote un changement dans la manière de voir la vie.

Everglow / True Love

Certainement les deux chansons les plus proches thématiquement de cette série de titres. Elles évoquent la mélancolie. Mais le point de vue est complètement différent. Dans True Love, Chris est complètement perdu, pour ne pas dire en dépression. Prêt à tout pour garder auprès de lui celle qu’il aime. Dans Everglow la sensation est différente. La peine est toujours présente mais il a pris du recul, « nous avions juré cette nuit-là que nous serions amis jusqu’à la mort […] La vie est courte comme une chute de neige, et maintenant tu vas me manquer, je le sais ». Il est même prêt à donner des conseils ! « Alors si vous aimez quelqu’un, vous devriez lui dire ». Compris ?

 

Adventure Of A Lifetime / Midnight

 « L’espoir a disparu. Laisse une lumière, une lumière allumée ». La nuit a été remplacée par le jour, pour ne pas dire le soleil de Adventure Of A Lifetime. « Magie », « diamants », « cœur battre », « rêve lointain », « vie », « aventure ». Vous l’aurez compris, on ne peut pas faire plus opposé. Peut-être une des raisons que ces titres se trouvent en milieu d’album. Sans même chercher dans les textes, la partie instrumentale est aux antipodes l’une de l’autre. De plus, nous avons l’arrivée du personnage Umi, sûrement le nom de l’ange. On ne parle pas de la fin d’Adventure of a Lifetime, où Chris dit clairement qu’il démarre une nouvelle vie.

Fun / Another’s Arms

Le positif répond au négatif. Le texte d’Another’s Arms, comme son nom l’indique, évoque la fin de l’amour, mais d’une manière dépressive. Ce genre de soirée que l’on passe avec des mouchoirs et des chansons toutes aussi déprimantes. Fun est au contraire un texte sur le relativisme, qu’une rupture n’est pas la fin du monde : « on s’est bien amusés non ? ». La réponse claire est dans le deuxième couplet : « Maintenant quelqu’un d’autre a pris ta place ». De plus, Chris se permet une référence à un Dieu grec : « Je sais que c’est fini, dit Icare au soleil ». Se cache-t-il donc derrière ce personnage qui serait le protagoniste de ce disque, avec ce fameux ange ? Seul Chris à la réponse. En tout cas, Icare est mort après s’être approché trop près du soleil. Il est donc le symbole de la fin des fins.

Army of One / Oceans

 Cause et conséquence sont mises bout à bout. En effet, la fin de Oceans et le début de Army of One pourraient être dans le même texte ! « Tu vas te retrouver seul dans ce monde ». Du coup Chris est parti. Puis il est revenu. « J’ai fait le tour du monde, les merveilles à voir ». De plus, dans Oceans, il est « prêt pour le changement ». Rappel, il était au fond du trou moralement. Suffit de regarder la version vidéo du Live 2014 pour s’en convaincre. Désormais, son « armée d’un » va se battre pour quelqu’un.

Amazing Day / A Sky Full of Stars

En 2014, Chris voulait « mourir dans les bras » de la femme qu’il aimait. En 2015, il souhaite tout simplement « s’y balancer ». Non pas que c’est moins important, mais il a apprit à relativiser, voir les choses différemment. En écho au titre de l’avant dernière piste de Ghost Stories, il écrit dans Amazing Day « On s’est assis sur un toit, nommé chaque étoile. Tu m’as montré un endroit où tu pouvais être toi-même ». A Sky Full of Stars pourrait être une chanson évoquant un rêve, Amazing Day serait celle de l’accomplissement.

Up&Up / O

Dans O, il compare l’amour à un oiseau, qui vient et repart. Au contraire, le refrain de Up&Up évoque le maintient de celui-ci, le fait de grandir à deux. Les deux textes mettent en parallèle l’interrogation sur l’avenir, mais comme toujours depuis le début, de manière différente. D’un côté, il espère pouvoir reconquérir celle qui aimait dans O : « Alors vole, monte à travers, peut être qu’un jour je volerai à tes côtés ». De l’autre, la deuxième moitié du second couplet de Up&Up démontre la volonté de grandir humainement : «Oui je veux grandir, oui je veux sentir, oui je veux savoir… ». Les débuts d’albums sont mis en parallèle, les fins aussi. « Don’t ever let go » face à « Don’t ever give up ». La traduction est subjective. Mais le message lui, est clair. Ne jamais abandonner.