Une partie de l’équipe de ColdplayFrance s’est rendue à Londres pour le concert du 18 juin à Wembley. Benji vous raconte cette aventure de plus de deux-cent jours. Première partie, le « before », d’un jour de novembre magnifique à la fermeture des sacs le 16 juin au soir.

Wembley, pour un coldplayer français ce n’est pas rien. Wembley, c’est Londres, la ville de naissance de Coldplay, la ville de leur célèbre studio « The Bakery ». La ville de pèlerinage en quelques sortes. Mais Wembley c’est aussi le stade d’une des plus belles marseillaises de l’histoire en novembre dernier. Personne ne l’a oubliée. Alors voir Coldplay à Wembley, c’est une chance que je n’aurai peut-être pas deux fois, autant la saisir. Pour m’accompagner au départ, Soleen , Guillaume et Julie.

Notre parcours commence le 25 novembre 2015. Guillaume vient de recevoir le code pour participer à la prévente du lendemain sur Amazon pour le concert du 18 juin 2016. Le jour de l’appel du Général de Gaulle. Le hasard fait bien les choses. La journée a été longue, nous attendions ce code depuis quelques jours, nous commencions même à nous poser des questions. Je regarde mon immense drapeau tricolore, il partira avec moi en cas d’obtention des billets. Nous devons partir en quatuor comme Coldplay, décidemment… Soleen, Julie qui s’est greffée au groupe, Guillaume et moi-même. Seule Julie ne fait plus partie de l’équipe, mais c’est une amie de longue date, alors elle est de la famille, en plus c’est grâce à elle que j’ai intégré l’équipe de Coldplayer.fr fin 2014. Avant de participer à l’aventure ColdplayFrance. Bref, quatre billets, notre objectif. Je suis le seul à n’avoir encore jamais vu le groupe sur scène, alors je trépigne peut-être plus que le reste de la troupe, différemment en tout cas. Même si Guillaume a obtenu le code, c’est Soleen qui aura la tache de dégoter les billets. Le reste de la bande sera occupée, mais l’esprit ne sera pas au travail. Mais rien ne se passera comme prévu… Je ne pensais pas à ce point.

“Vous savez ce que c’est, quand on veut voir Coldplay on s’en donne les moyens.”

Le D-Day

Voilà le 26 novembre, il est 10h30, nous sommes tous connectés sur Facebook. « Soso » rentre le code sur le site de TicketMaster, et le temps d’attente s’affiche. Quinze minutes, puis cinq, puis trois, quatre, trois… Le site a décidé de nous faire peur. Il restera bloqué à trois minutes. « Je dois partir au boulot » écrit Soso, « laisse-nous le code on va essayer » lui dis-je. Je reçois ensuite un message de Guillaume. Je comprends tout de suite que des places se sont libérées, même si je suis en cours préparant un journal télé, je reste pour voir ce qu’il se passe. Chaque seconde compte, je le sens pressé et sur le plateau le conducteur avance. Vous savez ce que c’est, quand on veut voir Coldplay on s’en donne les moyens.

Quelques minutes plus tard, nous apprenons que deux billets sont bien pour nous, mais nous sommes quatre, et personne ne veut laisser deux personnes du mauvais côté de la Manche. Alors je tente, malgré le wifi immonde de l’annexe de mon école, rien à perdre. Par miracle à l’instant où j’en ai besoin, le réseau fonctionne à merveille, quand les ondes positives sont présentes autant qu’elle restent. Deux autres billets me sont proposés, je n’hésite pas, on ne veut pas paniquer demain lors de la vente publique. J’avais eu quatre fois la poisse avec ce genre d’évènements (Stade de France, Casino, Grand Journal, premier voyage à Londres), la chance a tournée. C’est officiel, nous partons à Londres le 18 juin 2016 ! Chers amis anglais, les « french frogs » arrivent, avec leur sourire, leur marseillaise et leur drapeau. Faites gaffe on va faire du bruit.

Et maintenant les préparatifs

Passée la joie de l’obtention des billets, nous sentons que le plus dur est fait. Il ne reste plus qu’à préparer ce voyage. Nous avons tous les quatre des complications. Guillaume habite en Bretagne, Julie dans le Nord, Soleen travaille et moi je serai en stage, je ne sais pas encore où à l’écriture de ces lignes. Une idée nous vient subitement, vu l’événement nous nous devons de faire quelques chose en tant que communauté. Nous décidons d’organiser un groupe de fans francophones pour une rencontre le 18 juin à Wembley, car même si nous ne connaissons pas, toi qui lis ces lignes, nous avons un point en commun, nous sommes fans de Coldplay, alors nous formons une grande famille, avec des valeurs et un état d’esprit. Petit à petit ce groupe prend forme, qui va s’animer avec le temps et l’approche de ce concert.

De notre côté, la bande des quatre de CPFR, nous réfléchissons au départ. Objectif Eurostar, depuis Paris le covoiturage prendrait trop de temps. Seule Julie prendrait cette option, partant des environs de Lille, Londres semble tout de suite plus proche. Sur mon bureau je commence à rédiger ces lignes, car je souhaite garder, et partager, une trace de cette merveilleuse aventure que je souhaite à chacun de vivre au moins une fois dans sa vie, car c’est tout simplement « Magic ».

We are meeting for the first time…

Loin de Wembley certes, mais un véritable avant-gout. Mercredi 9 décembre 2015, jour du tournage de l’émission du Grand Journal avec comme invité… Coldplay, forcément. Alors nous sommes présents, et moi qui croyais quelques jours plus tôt voir le groupe à Londres pour la première fois, j’aurai un cadeau de Noel avant l’heure. Le père Noel est vraiment sympa depuis une semaine. Après plus d’une heure d’attente devant le Starbucks d’un centre-commercial de Boulogne-Billancourt, je rencontre Julie et Guillaume, deux des trois fans avec qui je pars dans moins de deux-cent jours.

Une journée inoubliable. Non seulement je vois enfin mon groupe préféré, qui plus est à quelques mètres, c’est quand même un sacré privilège. Et je rencontre enfin des fans, des personnes physiques, avec une voix, un caractère… Bien loin du rapport virtuel que j’ai avec la commu’ depuis plus d’un an. Avec Julie on n’arrête pas de vanner sur le plateau, chantant tous en cœur Viva La Vida or Death And All His Friends, l’album en fond sonore. Le groupe jouera trois titres, Adventure of a Lifetime, Everglow et A Head Full of Dreams. Une journée qui m’a marquée, malgré mon mal de dos et de crâne terrible qui m’a fait passer le lendemain au fond de mon lit d’ailleurs. Mais j’ai pu enfin croiser des fans du groupe, comme moi, comme toi lecteur et comme bien d’autres. Merci Julie, Vanessa, Fanny, Nelly et tous ceux que j’oublie. Vivement juin.

Retour spirituel vers Londres et la mission préparatifs. Même si le plus dur est fait, à savoir les billets, il reste deux choses essentielles à planifier, le transport et le logement. Les deux dossiers sont bouclés rapidement, à quelques jours de Noel. Les billets pour l’Eurostar sont réservés, départ le vendredi matin et retour le dimanche soir. Nous partirons ensemble de la Gare du Nord à Paris. Et du côté logement, Julie a fait une trouvaille assez exceptionnelle, sur Airbnb, désolé pour les défenseurs des hôtels. Appartement à trente minutes à pied de Wembley loué par un français, pour trente euros la nuit et par personne, cela ne se refuse pas. Les préparatifs sont bouclés. Deux mots désormais dans mon esprit, patience et excitation. J’imagine déjà ce que je vais pouvoir écrire en juin…

L’évènement inattendu

Parce que dans chaque histoire il y a toujours un « mais ». Notre « mais » à nous est un événement pour le moins inattendu. Non, pas d’accouchement mystère mais un désistement surprise. Le mot n’est pas trop fort. Celui de Guy, pour des raisons qu’il ne peut expliquer. Alors les plans sont bousculés, il faut rechercher quelqu’un. Un coldplayer tant qu’à faire. Nous recherchons autour de nos amis. Rien. Le budget ou l’emploi du temps qui bloque. Donc nous lançons une nouvelle recherche dans le groupe sur Facebook des personnes qui partent à Wembley. Par chance une des participantes au voyage à trouvé quelqu’un dont la carte bleue et le planning sont calés sur l’envie. Une certaine Belinda, habituée surtout de nos amis de Coldplaying, qui aura donc, en plus, un niveau d’anglais plus qu’avancé. Il ne reste qu’un souci et pas des moindres, celui de son billet d’Eurostar, qui porte le nom de Guillaume. Or, d’après le site d’Eurostar, il est tout simplement impossible de changer les noms. Information confirmée à la Gare du Nord avec Soleen, que je rencontre pour la première fois.

La guichetière nous explique que nous devons voir avec la boîte qui s’occupe des remboursements. Seuls cas possibles, décès ou grave maladie… Des choses positives en somme et que l’on ne souhaite à personne. Et un billet d’Eurostar de perdu, un. Mais pas d’inquiétude, après avoir téléphoné à Belinda et indiqué les dates et horaires des trains que nous prenons, elle a réussi à avoir ses billets. Trois semaines plus tard, à la mi-mars, l’affaire de l’appartement est réglée. Juste un dernier détail, celui de Mylène, une fille qui devait partir avec Guillaume au départ… Et qui se retrouve sans logement. Avec notre esprit de coldplayers on va tenter de bénéficier exceptionnellement d’une cinquième place dans l’appart’. Mon post-it au-dessus de mon bureau commence à se remplir. En plus des bases, billets, appareil photo et j’en passe, je rajoute des mots comme « badges », au nom de ColdplayFrance pour être reconnus.

De mon côté j’ai le premier gros événement de mon année 2016. Le concert de Muse à Bercy en février. Un espèce d’échauffement grandeur nature de ce que je vais vivre en juin. Mon premier gros concert après mon « baptême » Christophe Maé deux ans avant. Un show dont j’ai mis plusieurs jours à me remettre, surtout quand tu es au quatrième rang dans la fosse, pile face à la scène. Le pire c’est que tous les matins en arrivant Gare de Lyon j’aperçois l’AccorHotels Arena… Malheureusement Wembley je ne le verrai pas tous les jours.

La (très –très- grosse) boulette

Un jeudi matin de février, pendant que je m’ennuie en cours, je regarde mon compte TicketMaster. Et là… La plus grosse peur que je n’ai jamais eue, la montée de stress en quelques secondes. Les deux commandes sont à la date du 16 juin, pas du 18. Crise de panique en plein cours de télé, puis stress jusqu’à la fin de la journée. Sans oublier les jours qui suivent. Je réfléchis tout le temps à ce jour de novembre, et à la commande des billets. Mais la peur de gâcher la fête de Soso, Julie et Belinda me fait tout perdre. Mais je commence à chercher et envoie plein de messages. Objectif, les échanger. Put*** la boulette, et encore, le mot n’est pas trop fort. Certains me diront, « mais pourquoi en parler ? ». Parce que cela fait partie de cette histoire, tout simplement. Or, j’ai décidé de tout raconter de cette aventure, alors j’en parle. Au moins cela me servira d’expérience. À 20 ans on a tous fait des conneries.

Un soir, une anglaise qui cherche à échanger trois places me répond, mais n’accepte pas de les envoyer en dehors du sol britannique. Je me rappelle encore des jolis noms d’oiseaux d’une de mes meilleures amies pour la nommer, au moins j’ai un peu rigolé. Deux mois plus tard, fin avril, elle est toujours en galère. Pas moi, une espagnole vend en effet six places pour le 18 juin,  je n’ai pas hésité et réussi à la contacter pour en prendre quatre. Dans le même temps, les quatre places du 16 ont trouvé un acheteur. Au cours de ces deux mois où je suis passé un peu par toutes les émotions, j’ai tout de même continué les préparatifs. Mon t-shirt A Head Full of Dreams et un porte clé avec la fleur de la vie sont arrivés à la maison, tout comme des love buttons fin avril. Puis un soir à la FNAC de Châtelet les Halles en sortant de la rédaction de Télé Star où je fais mon stage, je prends le nouvel album de Renaud, et un Paper Blanks, pour prendre des notes, afin de continuer ce reportage quand nous serons à Londres. Pour que vous ayez une suite… De plus, mon tuteur de stage est prévenu de mon absence le vendredi 17 juin. Anodin certes, mais il ne s’y est pas opposé, et c’est bien là l’essentiel. De son côté, Julien continue de préparer les boutons et les badges. Le concert de Nice approche à grands pas, alors il s’active. Merci Ju’ pour ce que tu fais pour la commu’.

L’évènement inattendu épisode 2

On reçoit un message de Julie sur la discussion de groupe. Elle nous explique en quelques mots qu’elle ne sera, elle non plus, pas du voyage à Londres en raisons d’oraux pour ses partiels, qu’elle ne peut bien sûr pas manquer. La poisse continue et forcément l’ambiance en prend un coup. Cela va me faire bizarre, des trois de l’époque du Grand Journal il n’en reste qu’un. Le même jour, on apprend que l’appartement que nous avons réservé n’est plus disponible. Nous allons nous retrouver dans une auberge de jeunesse à quelques pas, dans tous les sens du terme, de la gare de Saint Pancras. Tout est donc réglé, sauf l’entrée dans le stade. Vraiment pas un printemps facile, surtout que les billets arrivent, et pas les notre. On ne sait pas, aucune information sur les dates d’envoi. Merci les billetteries britanniques.

Vendredi 10 juin, jour d’ouverture de l’Euro 2016 de football. Dans la journée, je reçois par hasard un message de l’espagnole, une capture d’écran d’un mail reçu par sa billetterie, lui disant que les places ont été expédiées et qu’elle les recevra d’ici deux à trois jours. Le lendemain, avec la victoire des Bleus (merci Payet), elle m’envoie la photo de ses places. De plus, Guillaume a réussi à avoir des vacances et pourra nous rejoindre. La semaine précédente, je contacte Belinda pour savoir comment elle s’organise pour sa venue à Paris. Drôle de sensation de pouvoir enfin préparer ce qui va être le plus  bel évènement de ma jeune vie. Surtout quand le samedi avant la valise est dans la chambre, préparant les affaires, car le soir en semaine c’est compliqué en rentrant du travail… Le lundi, à quatre jours du départ, Julien vient me voir à la rédaction pour me donner les boutons cadeaux et nos badges pour Soso et moi. Tout devient réel, mais l’esprit n’y croit pas. Il faudra être à Londres je pense pour pouvoir réaliser. En espérant que plus rien ne se mette en travers de notre route.

La dernière ligne droite

Lundi, quatre jours avant le grand départ, je vois Julien à la rédaction, nous mangeons ensemble à deux pas de mon travail. Il est venu, entre autres, pour me passer les boutons et nos badges. Sensation particulière de pouvoir toucher ce dont j’ai entendu parler et vu en photo à Nice. Puis vient la préparation de la valise et du sac avec tout ce qu’il faut. Vêtements, trousse de toilette, matériel, drapeau et j’en passe. Petit à petit tout prend forme, et l’excitation monte enfin. Le stress aussi, celui de réaliser un de mes plus grands rêves et de le partager. Tout le monde m’en parle, mes amis, les coldplayers et les gens au travail. Seule ma famille me laisse tranquille, mais c’est moi qui leur en parle ! Cinq ans d’attente et les heures passent de moins en moins vite. Heureusement que le travail est là pour m’occuper la tête même si le cœur est déjà ailleurs…

La veille du départ, je prépare les derniers détails. Comme prévu, le lendemain nous irons à la Bakery, à l’exposition des œuvres de Pilar Zeta et au premier bar où ils ont joué. La journée pèlerinage Coldplay en quelques sortes… J’ai laissé les horaires du concert que Coldplay a publié sur le groupe Facebook pour informer les compatriotes. De son côté, Belinda dort à Paris la nuit de jeudi à vendredi. Je viendrai la chercher à la station Glacière, sur la ligne 6 du métro que j’emprunte tous les jours pour aller au travail. Avec ma valise bleu turquoise, mon badge et mes boutons je crois que pour me louper il faut être aveugle. L’espagnole qui me vend les billets me confirme pour le lendemain. Rendez-vous à 11h30 à la Gare de Saint-Pancras, à la descente de l’Eurostar. Puis il est temps de fermer la valise et le sac, de tout descendre, de prendre la dernière douche, de faire le dernier rasage, de fermer une dernière fois les volets, et de se coucher. Juste le temps de revoir les six mois qu’ils viennent de s’écouler, et de se dire qu’avec de la volonté on arrive à tout, « Don’t ever give up »… Le réveil de demain sera particulier…

Rendez-vous le samedi 6 août pour découvrir la suite de nos aventures !

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