Coldplay aura joué pour plus de 2,5 millions de fans sur leur A Head Full Of Dreams Tour à la fin de l’année 2016, et ils ne sont qu’à la moitié du chemin. Ici, Music Week discute avec quelques-uns des producteurs de tournées qui ont assisté à l’ascension du groupe vers le sommet de la montagne qu’est la tournée.

Par James Hanley, traduit par Fiona et PJ Boy

Certains groupes ont mis des années à se développer, d’autres sont arrivés plus formés complètement. Coldplay a eu les pieds des deux côtés, faisant évoluer leur son sur chaque album, mais prêts à conquérir le monde dès le départ. « Parachutes a été un très bon démarrage » dit leur agent à l’international Steve Strange de X-Rays Touring. « Il y avait des chansons géniales sur cet album, vous ne pouvez pas le nier. Ils avaient de superbes chansons et ils étaient des gens géniaux ». « Même à cette époque, Chris avait une personnalité vraiment spéciale et unique. Vous pouvez dire à quel point ces chansons sont géniales et vous pouvez voir une grande partie de lui en tant que personnage dans ces chansons ». Strange a représenté le groupe en dehors de l’Amérique du Nord dès leurs concerts de formation. « Ils étaient encore en discussion avec les labels à ce moment-là », se rappelle Strange. « Ils ne se sont pas mal réinventés tout au long de leur carrière, ce qui a fait qu’ils restent un groupe frais et intéressant ». Le directeur de SJM Concerts, Simon Moran, le promoteur des concerts de Coldplay en Angleterre avec Metropolis Music partage le même avis. « Je savais qu’ils avaient un énorme potentiel », explique t-il à Music Week. « Mais c’était difficile de savoir à ce moment précis à quel point ils deviendraient remplis de succès, populaires et brillants ; c’était une chose magnifique à voir ».

Cela fait maintenant 16 ans que Coldplay a explosé sur la scène avec leur album Parachutes vendu à 9 millions d’exemplaires. SIx albums studio ont suivi, accompagnés de concerts de plus en plus époustouflants. « Je ne pense pas qu’il y ait de meilleur groupe live en ce moment » dit Phil Bowdery, le président la branche Tournée Internationale de LiveNation. « Ils mettent tellement de travail dans leurs concerts. Tout est fait pour le public vive une magnifique expérience, et c’est ce que les gens cherchent quand ils y retournent. » En effet, aussi fortes que restent leurs ventes de disques, c’est leur succès sur les routes qui a scellé leur statut de plus grand groupe du 21ème siècle. Le Mylo Xyloto Tour de 2011-2012 était monstrueux, faisant des recettes de 198,75 millions de dollars dans le monde. Et la poignée de dates intimistes pour la défense de l’album Ghost Stories en 2014 ont garanti que la demande serait phénoménale concernant le voyage pour A Head Full Of Dreams en 2016-2017, qui est en train de prouver qu’il est une bête redoutable. Après le salut du groupe au Superbowl en février, la tournée a réellement commencée en Amérique du Sud le 31 Mars, avec la première de deux soirées en Argentine, suivie par des concerts en stades au Chili, Pérou, Brésil et Colombie avant de se diriger vers Mexico City pour une série de trois concerts. La tournée s’est ensuite déplacée vers l’Europe en mai.

Dave Holmes, manager de Coldplay, de Dave Holmes Management, révèle ses pensées sur son idée d’avoir mis en vente les places pour la tournée avant le show du groupe au Superbowl. « Beaucoup de managers de groupes auraient probablement mis en vente leur tournée après le Superbowl ou le soir-même. » suggère t’il. « J’ai décidé de ne pas faire comme ça et de mettre en vente la tournée avant parce que je ne voulais pas faire ce qui était le plus évident ». « J’ai pensé, si je mets les places de concerts en vente le week end du SuperBowl, on ne saura jamais si c’est le Superbowl ou notre talent en tant qu’artiste qui a vendu les places, ou alors on les mets en vente avant et le Superbowl permettra de vendre les quelques places qui restent ». « Tout c’est vendu pratiquement de suite. Ça m’a rassuré ». L’Etihad Stadium de Manchester a accueilli les deux premiers concerts de Grande Bretagne en Juin juste avant un voyage à Glasgow et à Zurich avant le pic de la tournée à Londres avec 4 nuits exceptionnelles au stade de Wembley.  « Je crois que les 4 concerts de Wembley sont les concerts qui ont rapporté le plus d’argent de toute l’année dans le monde, ce qui est plutôt bien », nous dit Moran. « Ils ont toujours d’énormes hits sur chacun de leurs albums, leur répertoire est formidable. Il n’y a pas de point faible sur leur setlist, que des points forts ». « Ce qui est impressionnant c’est à quel point le groupe est génial en concert », remarque Strange. « Quand on les voit en concerts on se dit qu’ils sont très dur à battre. Ils sont tout le temps géniaux ». « Ils ont essayé tellement de son différents. Ils ont évolué en tant que groupe et ils continuent à avancer en tant que groupe ».

Les concerts d’Amsterdam et de Berlin ont été jusqu’à présent les meilleurs concerts de la tournée et Coldplay a battu un record en étant pour la quatrième fois en tête d’affiche de Glastonbury. « Dès le moment où ils sont arrivés sur la scène et ont démarré en trombe avec A Head Full Of Dreams ils ont eu le public dans leur poche », se rappelle Emily Eavis l’organisatrice de Glastonbury. « L’énergie avec laquelle ils sont arrivés était exceptionnelle. J’ai adoré l’hommage à Viola Beach, les enfants qui sont venus chanter, les bracelets qui s’illuminent et que l’on peut voir de très loin et l’arrivée surprise de Barry Gibb et, bien sûr, mon père ! » (Michael Eavis a rejoint le groupe sur scène pour chanter My Way). « Franchement, je pense que ça a été leur meilleur concert ici à Worthy Farm. Je pense que toutes les personnes qui les ont vu ne risquent pas d’oublier ce concert ». C’était la sixième fois que le groupe jouait à Glastonbury, ils y ont joués en 1999 et en 2000 avant d’être en tête d’affiche en 2002, 2005 et 2011. « Ils ont tellement grandis, on est tellement fier de les voir retourner le monde comme ils le font » ajoute Eavis.

Après la fin du leg Européen en juillet, la tournée a continué et leur première tournée des stades américains a commencé pour Coldplay. Et avant d’attaquer la tournée en Australie/Nouvelle Zélande, le groupe s’est arrêté pour un concert unique en Inde. Coldplay terminera son année 2016 par un concert pour fêter la nouvelle année à Abu Dhabi. « Ça a été une année très spéciale », s’exclame Strange. « Pouvoir faire tout ce que l’on a fait nous a vraiment permis d’aller de l’avant. On a fait des tas de choses différentes dans le passé mais le nombre de choses que nous avons fait cette année est vraiment spécial ! » Et 2017 promet d’être encore plus grand. La tournée recommence en Asie le 31 mars, et Coldplay va aller à Singapour, aux Philippines, en Thaïlande, à Taiwan, en Corée du Sud et au Japon avant de retourner en Europe en Juin. Ils retourneront ensuite aux Etats-Unis et au Canada, où ils doivent finir la tournée à San Diego le 8 octobre.

« On a vendu 700 000 places pour 13 concerts en Europe cette année et 886 000 places pour 14 concerts l’année prochains » ajoute un représentant de Live Nation. « C’est juste pour l’Europe sans compter la Grande Bretagne ». « Ce n’est pas habituel [d’enchaîner les tournées dans les stades] peu de personnes ont le courage de la faire » ajoute Strange. « Ce qui est encore mieux c’est que les places se sont vendues très vite, les fans ont eu du mal à avoir leurs tickets ». « Il y a certains endroits où l’on a pas pu aller cette année. En France par exemple, à part le stade de Nice on ne pouvait aller nulle part à cause de l’Euro et c’était pareil pour l’Italie. Alors cette fois on fait 2 concerts à Milan, 2 à Cardiff. Et on a remplis 3 Stade De France à Paris … C’est extraordinaire ». « Travailler avec Coldplay depuis tout ce temps a été un vrai plaisir » dit Matt Schwarz, président de Live Nation Allemagne, Autriche et Suisse. « Après Viva La Vida [2008-10] et Mylo Xyloto, le AHFOD Tour a été une étape importante et nous sommes contents de participer pour l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse ».

Aucun article sur Coldplay ne peut être complet si l’on ne parle pas des Xylobands, les bracelets lumineux qui sont données aux fans depuis la tournée Mylo Xyloto en 2012, qui font de chaque concert un festival de lumière.  « Ils veulent être sûrs que tout le monde, même les personnes qui sont au fond de la salle, s’amusent », nous fait remarquer SJM’s Moran. « Ils mettent énormément de temps, d’efforts, d’argent et de créativité dans leur spectacle et on le voit dans la réaction magique qu’ont les fans ».  Avec les xylobands présents depuis plusieurs années avec le groupe maintenant, Will Champion avoue qu’il ne peut s’imaginer un concert sans les bracelets. « C’est partie de l’idée que les fans devait tenir leurs téléphones pour faire de la lumière et on s’est demander comment changer ça ? » dit-il. « Il y a quelques années, un fabricant de jouets Jason Regler nous a appelé et nous a parler de son idée qui étant dans ses débuts mais c’était une bonne idée alors nous nous sommes associer pour créer quelque chose de génial ». Il ajoute « Les nouveaux [xylobands] ont beaucoup évolué. Maintenant ils peuvent s’éclairer au rythme de la musique, ils sont devenus vraiment polyvalents. C’est vraiment un outil génial pour permettre au public de faire partie du concert. Dans les grands stades ce qu’on essaye vraiment c’est de créer une certaine intimité. Ca à l’air impossible d’être intimiste avec 80 000 personne et on peut souvent sentir la distance avec le groupe mais si tu as quelque chose qui permet à tout le monde de faire partie du concert c’est comme faire un gros câlin aux fans ». « À l’heure d’aujourd’hui je ne peux pas imaginer faire un concert sans, alors on va devoir continuer à investir et pousser la technologie pour voir jusqu’où on peut aller avec ça ». Ce que Champion aime autant, c’est la quantité de personnes qui sont restés avec le groupe depuis le début de leur carrière. « Steve Strange, notre agent, est avec nous depuis notre quatrième ou cinquième concert, on a travaillé avec de merveilleux organisateur et notre manager est le meilleur depuis le début », sourit-il. « Phil Harvey est la colle qui nous tiens tous ensemble. C’est le cinquième membre du groupe et il est resté avec nous et nous a aidé à traverser tous les problèmes que cette industrie qui change tant nous a apportés ».