Depuis la sortie de A Head Full Of Dreams il y a un peu plus d’un an, Coldplay est allé partout dans le monde, en marquant de nouveaux repères dans chacun des lieux où il s’est arrêté, pendant que leur album se vend, se vend et se vend. Le label et l’équipe de manager qui suit le groupe sont revenus sur ces 12 dernier mois où les rêves (« Dreams » en rapport avec le titre de l’album) sont vraiment devenus réalité …

Par Mark Sutherland, traduit par Fiona

Le statut de Coldplay en tant qu’artiste de l’année 2016 pour Music Week est bien sûr indiscutable. Mais qu’en est-il du titre le plus prestigieux, recherché par tous les groupes depuis le début du rock’n’roll, sans qu’aucun d’entre eux n’ai jamais pu mériter ce titre : Le Plus Grand Groupe Du Monde ? La beauté de l’appellation est, évidemment, compliquée à cerner dans ce qui veut dire être grand, surtout de nos jours. Mais peu importe si vous regardez le nombre d’albums vendus, le nombre d’écoute sur internet, le nombre de tickets de concerts vendus ou le nombre de fans sur les réseaux sociaux, en 2016, Coldplay doit être sur votre liste. « Je dirai que d’un point de vu des tournées, ils vendent le plus de tickets dans le monde » déclare leur manager Dave Holmes de Dave Holmes Management. « Pour ce qui est des vues sur internet on est dans le coup, et du point de vue du nombre d’albums vendus on est certainement dans le TOP 3 ». Il a recherché un mot pour expliquer au mieux l’immensité de Coldplay, et a trouvé ce maître mot : sous-estimation. « Je veux dire … Ils sont les plus grands », rigole-t-il.

Le partenaire de Holmes qui manage l’un des plus grands groupe du monde, le directeur artistique de Coldplay, Phil Harvey, n’a aucun doute en ce qui concerne Coldplay depuis les 12 derniers mois. « Tout a été énorme, dès le début avec le concert pour la mi-temps du Superbowl » s’enthousiasme-t-il. « Ce fut et c’est toujours probablement l’une des plus grandes choses que l’on ait jamais fait. Puis nous sommes passés d’un grand évènement à un autre ». En effet, ce n’est que lorsque l’on écrit ce que Coldplay a fait depuis la sortie de AHFOD à la fin de 2015, avec un nombre monstrueux d’albums vendus la première semaine en Grande Bretagne avec 235 975 albums, que l’on réalise à quel point ça a été énorme. Ils ont joués partout, du Superbowl à Glastonbury, aux NME Awards, au Capital Jingle Bell Ball, à la finale de X factor, à leur première tournée des stades américains et les 4 concerts complet au Wembley Stadium, et ils ont ainsi coché pas mal de chose qui se trouvent sur ce que Holmes appelle leur « bucketlist goals » (la liste de choses qu’ils ont envie de faire).

Ils ont eu tout ce qu’aucun autre groupe de musiciens n’a eu ces derniers temps, des singles qui ont fait un carton et des chansons qui passent à la radio. Ils ont été aux BRIT’s, au Graham Norton Show et au TFi Friday. Et AHFOD continue à se vendre tellement bien qu’il est toujours dans le Top 20, un an après sa sortie et a passé récemment la barre du triple disque de platine.  « J’ai utilisé le mot énorme pas mal de fois » rigole Harvey, « mais tout n’a pas été fait pour être énorme ». Il dit que les concerts de Coldplay sont mis en scène pour « les personnes assises le plus loin », ce qui est peut-être la raison pour laquelle le groupe est un des rares qui arrive à garder une certaine intimité avec le public, même dans des stades. Ce qui explique peut-être pourquoi l’album marche aussi bien pour les déprimés dans sa chambre et pour faire la fête.   « Ils continuent à sortir des albums pops, contemporains » dit Miles Leonard, qui a signé Coldplay en 1997 et qui maintenant est à la tête de leur label, Parlophone. « Ils sont toujours en train d’essayer d’atteindre une ère qui est plus coloré et pertinente où ils peuvent toujours sortir un album avec 4-5 single dessus. C’est assez incroyable. Les gens sont toujours en train de nous dire que l’album ne marchera pas mais lorsque l’on regarde le succès de HAFOD et on remarque qu’ils avaient tort ». En effet, Leonard assure que l’album a dépassé les 5 millions de ventes dans le monde, et avec beaucoup de dates de tournée à venir, Warner Music prévoit les 6 millions ou plus. Ce sont le genre de chiffres que l’on voit rarement dans l’industrie de la musique aujourd’hui, surtout de la part d’un groupe de musiciens qui existe depuis 20 ans et qui ont sous leur manche un NME Godlike Genius Award (award des génies semblable à dieu au NME). « Lorsque tu regardes les classements, la plupart des artistes qui sont dans le Top10 ont 20 ans de moins » dit Holmes. « Mais lorsque tu regardes le public qui vient au concert tu comprends. Ce groupe attire tellement de personnes différentes que c’est sûr qu’ils ont les capacités de concurrencer les artistes plus jeunes. Parce que les jeunes viennent aux concerts et ça m’épate ».

« Mais mise à part le fait qu’ils font de l’excellente musique qui attire des personnes de tout horizon, le groupe a travaillé très dur. Ils ont vraiment pris du temps pour faire de la promotion. Ils sont même arrivés au point où la plupart des artistes auraient arrêtés mais eux non, ils se sont rhabillés et sont retournés au travail. Ils travaillent sur la promo de chaque album comme si c’était leur premier » continue Miles Leonard.  « Depuis le premier jour ils ont travaillé très dur et ils ont pris en charge les albums » dit-il. « Ils ont toujours dit « on fait un album, on le sort, si on le fait on doit le soutenir ». Lorsqu’ils deviennent célèbre la plupart des artistes ont tendances à faire moins de promotion mais Coldplay n’ont jamais minimisés quoi que ce soit et ils n’ont jamais dit non sauf s’ils avaient une bonne raison ». « Ils ont toujours travaillé à fond sur chaque album, il n’y a jamais eu d’exception. Ils comprennent que si tu veux vendre des albums il ne faut pas avoir peur de se mettre en avant. Ils ont vu X Factor comme un outil de promo et tous les autres endroits c’est pareil.  Du moment où ils peuvent chanter leurs chansons de la façon dont ils veulent, il n’y a pas de problème. Ils ne sont pas snob ».

Ces accomplissements sont encore plus remarqués alors que l’album précèdent de Coldplay qui était assez discret, Ghost Stories, a eu le droit à très peu de promotion et pratiquement pas de tournée, Phil Harvey le qualifie « de câlin intimiste tandis que AHFOD a été une explosion qui a touché autant de personnes que possible». Leonard a su dès qu’il a entendu les premières démos, que AHFOD serait complètement différent de Ghost Stories. Mais il restait énormément de travail surtout que l’album est sorti une semaine après le phénomène mondial qu’a été l’album « 25 » de Adèle. Ce qui a d’ailleurs empêché l’album d’être en haut du classement malgré son énorme première semaine (« maudite Adèle » rigole Harvey, « elle a ruiné notre 1ère semaine ! ») mais l’album a tout de même réussi à se hisser en haut du Top à la suite du Superbowl au début de 2016.

Pas étonnant que lorsque Leonard s’est assis avec Music Week juste avant la sortie de l’album, il était réticent lorsqu’on lui demandait à quoi il pouvait s’attendre pour cet album, et il garde toujours ses cartes dans sa manche même 12 mois après.  « On a dépassé nos attentes » il sourit « mais ce n’est pas encore fini ». La décision de ne pas mettre l’album sur les plateformes d’écoute gratuite en ligne pour sa première semaine a attiré beaucoup d’attention, mais le récent concert de Coldplay pour Spotify a prouvé qu’il n’y a aucune rancune.  « Est-ce que ça nous a aidé à vendre plus d’albums la première semaine ? » réfléchit Leonard ,« c’est dur à dire parce que c’est la seule façon dont nous l’avons fait. Ce que je peux dire c’est que la sortie c’est très bien passé et on a vu le résultat dans les premières semaines après la sortie, alors peu importe  mais ça a marché pour nous ». « Mais le streaming a énormément changé en 12 mois. Tout le long on a réaligné et réajusté la campagne pour être sûr que l’on travaille avec un environnement où le streaming a un énorme impact sur la réussite d’un artiste ». « Je vais te dire ce qui m’épate le plus » dit Holmes. « Voir le nombre d’écoute sur internet et voir le nom Coldplay parmi les plus grande stars du moment, Drake, Major Lazer, Justin Bieber, Adèle, Rihanna. Parce que tu peux faire une énorme première semaine de vente et après plus rien. Mais voir qu’après toute cette campagne nous sommes parmi les artistes les plus écoutés en ligne ça m’impressionne probablement plus que les chiffres de la première semaine. Ça montre qu’on est toujours dans le coup ». Et ça, peut-être, est la beauté de Coldplay : un groupe de la vieille école qui sans effort arrive à s’adapter à la nouvelle façon de travailler et qui travaille toujours dur sur la promotion. Leonard travaille avec Holmes et Harvey pour optimiser le marketing et toutes les opportunités de promotion en s’accordant avec la gigantesque tournée et quelques autres gros évènements.

Mais, même si les chiffres restent très impressionnants, il y a toujours une couche de magie au-dessus de tout ça qui montre que Coldplay n’est pas juste énorme, il est également aimé pour leurs fans d’une façon dont très peu d’artistes moderne le sont. Harvey décrit les concerts du groupe comme étant un exercice pour « générer le plus d’amour et le moins d’ennui possible ». Glasto 2016 est son concert préféré, et particulièrement « l’incroyable montée d’énergie » lorsque le groupe et Barry Gibb ont chantés Stayin’ Alive. Ce n’est pas étonnant qu’il salue l’intraitable envie de Coldplay de faire entendre leur musique. « Il faut voir les choses autrement sinon ça ne peut pas arriver » dit Harvey « C’est dur de dire ce qui nous motive vraiment. Ce n’est pas aussi simple que d’avoir envie d’être aussi grand que possible mais Chris en particulier a une raison très personnelle et une partie de cette raison est de réunir un grand nombre de personnes à un endroit pour vivre des émotions tous ensemble ». Leonard acquiesce : « ils sont très ambitieux. Leur étique de travail est irréprochable. Ils sont désireux, plein d’énergie et déterminés à offrir ce que nous en tant que label nous avons besoin pour vendre des albums ». « Ils sont toujours à la recherche de défis. Ils ont assez de courage pour travailler avec Beyoncé, Rihanna, Jay Z ou Stargate en tant que producteur et je suis sûr que ça a étonné plus d’une personne ».

Et ils n’ont pas fini encore. Avec la tournée qui continue et le Kaleidoscope EP qui va sortir en début d’année (« Le groupe est dans un élan créatif en ce moment et il n’y a aucun signe de faiblesse » dit Leonard), le titre de Plus Grand Groupe de la Planète va leur appartenir encore pendant quelques temps. Malgré ça, comme toujours avec Coldplay, il y en a encore plus. « Ce qui est bizarre c’est que j’ai toujours pensé que c’était mon but pour Coldplay, être le plus grand groupe au monde » dit Harvey qui est particulièrement content du titre d’artiste de l’année de Music Week, il se rappelle voyager à Londres pour acheter Music Week quand il avait 20 ans pour « me convaincre que je faisais parti de l’industrie de la musique et que nous allions arriver à construire une carrière ». « Maintenant que j’entends quelqu’un qui nous dit que c’est probablement le cas, j’ai l’impression que la musique ce n’est pas à propos de la grandeur mais à propos de la bonté. J’espère que l’on a su mettre un peu de notre âme dans tout ce que l’on a fait. C’est vraiment quelque chose que nous espérons ». Et comme la plupart des projets de Coldplay, ils y sont arrivés sans effort.