Pendant plus de neuf mois, l’équipe de ColdplayFrance et les fans ont préparé ces trois jours de concerts mais aussi une rencontre le 14 juillet. Entre l’achat des places, la constitution d’un groupe Facebook, l’organisation de cette journée particulière et la logistique des concerts, découvrez comment cet événement a été mis en place avec ce récit de Benji.

Lundi 3 octobre 2016, Coldplay annonce les dates de sa tournée européenne de 2017 du A Head Full Of Dreams Tour. À la surprise de l’équipe suite à plusieurs avis sur le sujet, le Stade de France fait partie du programme du groupe. Ce lieu, c’est un peu mon traumatisme Coldplay. En effet, j’étais absent le 2 septembre 2012. En ce jour de fin d’été après les Jeux Olympiques de Londres, mes parents ont pris la voiture vers un lieu mystérieux pour une surprise, mais pas à Saint-Denis. Plus de quatre ans après je tiens à mettre à la poubelle ce souvenir. À la sortie de Wembley en juin 2016, l’emplacement au concert de Paris n’a guère d’importance à mes yeux. L’essentiel sera juste d’y être. Mais le temps passe et l’envie de retourner en fosse est vivace. À première vue, les membres de l’équipe seront répartis un peu partout dans le stade, en fosse et en tribunes dans les différentes catégories. Les décisions sont prises, il ne reste plus qu’a patienter.

La prévente est dans trois jours, jeudi matin. Le lendemain, à 10 heures, je ne serai pas présent pour la vente publique, prérentrée de mon école oblige, au même moment. Même pas la possibilité de tenter en douce. Je mise donc tout sur celle du jeudi. Trois longues journées où l’esprit est tourné vers cet instant. Après 72 heures de patience j’allume donc mon ordinateur sur les coups de 9h30, prêt à entrer dans la mystérieuse file d’attente de « cet événement à forte demande ». Trois onglets sont ouverts : Ticketmaster, LiveNation et Cultura, un petit site culturel connu deux jours plus tôt grâce à Twitter. Les deux premiers me balancent dans une longue queue, mais le dernier m’indique un délai d’attente de 8 minutes. Ce sera celui-ci qui me donnera à 10h07 l’accession au sésame tant attendu. Celui de voir mon groupe préféré dans mon stade de prédilection. Mais là n’est pas le plus beau. Au fur et à mesure que les minutes s’égrainent, un à un, les membres de l’équipe annoncent sur notre discussion Facebook avoir leurs places. Dès la prévente. Pour la première fois, l’ensemble de l’équipe sera donc au même endroit, au même moment. Le samedi 15 juillet 2017.

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La préparation, c’est (déjà) maintenant

Rapidement, il faut tout mettre en place. Le groupe Facebook au départ pour une date, puis deux et enfin trois. La Stade de France devient presque une résidence d’été pour Coldplay. Premier objectif, organiser une rencontre de fans le 14 juillet, jour de la fête nationale. L’occasion, enfin, de tous se connaître et briser cette barrière entre les fans et nous, membres d’équipe, sur nos réseaux sociaux. En 2016, un feu d’artifice a été tiré depuis la Tour Eiffel. Un événement similaire nous permettra de programmer une réunion publique sans accord préalable. Le lieu retenu, après proposition de Julien, est un parc derrière le Petit Palais dans le VIIIè arrondissement. Grand, calme, avec vue sur le sommet de la Grande Dame de Paris, la Tour Eiffel. En parallèle, nous prenons un logement à Paris avec Fiona, Julien et sa copine. Nous serons donc trois membres de l’équipe à dormir sous le même toit, dans une petite rue piétonne du quartier de Châtelet en plein cœur de la capitale. Le choix de ce quartier a été motivé par plusieurs critères. Le Stade de France est à moins de 10 minutes avec le RER, le quartier est au centre de Paris et est un des plus vivants pour un possible after. Nous n’avons pas longtemps hésité. En quelques jours, l’appartement est loué et l’argent remboursé. Rapide, efficace.

Petit à petit, les premières lignes de ce week-end qui sera certainement gravé dans notre mémoire commencent donc à se dessiner. De mon côté, et depuis près d’un an, je rêve de porter une paire de chaussures similaires à celles de Chris Martin. Un vœu né lors du Grand Journal en décembre 2015, en voyant cette paire colorée aux pieds du chanteur de Coldplay. Ce sera mon cadeau de Noël après des heures de conception. De plus pour mon anniversaire un mois plus tard deux connaissances du groupe de Nice acceptent de me commander un maillot type concert. Je personnalise quelques badges pour le pantalon. La tenue que je souhaitais porter à Wembley sera celle du Stade de France. Le tout est rangé dans une boîte dans ma chambre avec un post-it « SDF 2017 ». En résumé, pas touche. À l’intérieur il y a aussi des colliers de fleurs et le drapeau tricolore, celui qui a visité Londres et a fini à la barrière de Wembley.

Des badges au Petit Palais

Pour le concert de Nice en mai 2016, nous avions mis en place un système de badges. Un cadeau pour les fans sur notre groupe Facebook. À l’époque, nous avions financé nous même ces petits pin’s souvenirs. Mais la production pour les dates de 2017 sera trop grande. Nous avons donc lancé une collecte de dons pour les financer. Objectif fixé à 60 euros. En contrepartie, les donateurs recevront ces petits cadeaux en avance. Au départ, 500 badges seront fabriqués pour les quatre dates. LiveNation, la société de production du concert doit nous autoriser à les donner devant le stade. Si nous avons trop d’argent, le surplus sera offert à Oxfam France, association défendue par Coldplay. En à peine une journée, la somme est acquise. Pour la conception, Fiona s’occupera de l’impression des images, Julien du pressage et de mon côté je les assemblerai. Quelques mois plus tard, des badges personnalisés, au prénom des personnes gagnantes des jeux que nous organisons sur le groupe, entourés de la fleur de vie et d’une Tour Eiffel seront proposés. Un petit souvenir qui fera plaisir aux membres de ce petit fan club composé de 350 Coldplayers.

Premier problème de ce parcours, petit. Le transporteur a un souci avec l’acheminement des badges, égarant le colis. Heureusement le fabriquant est sympathique et renvoie un nouveau carton. Cinq-cents badges à l’intérieur à concevoir de A à Z. Fiona a imprimé les motifs avec le logo du site édition 2017 qui a été lancé sur les réseaux sociaux en octobre. Le colis arrive finalement à la mi-novembre. En seulement quelques jours les 500 épingles sont montées sur les badges. Le paquet repart illico-presto chez Julien pour pressage.

Pour animer le groupe Facebook, nous organisons une devinette qui concerne la rencontre au Petit Palais le 14 juillet. Plus précisément dans un parc que j’ai eu l’occasion de repérer un jour d’automne, au crépuscule. Quelques photos seront prises, dont une que j’aime beaucoup avec le sommet de la Tour Eiffel en arrière plan. Mais celles-ci ne serviront pas pour ce qui restera la devinette de cette fin 2016. Chaque soir pendant une semaine, les membres du groupe avaient un indice sur ce lieu. Transport, géographie parisienne, histoire… Une dizaine trouvera le voisin du Grand Palais. Et on aura bien rigolé.

Pour cette rencontre et les différents concerts, nous avons décidé de nous équiper de t-shirts au nom du site. Après plusieurs heures de design un soir d’automne, nous partons sur un modèle avec devant une montgolfière bleu-blanc-rouge et au dos le nom du site au dessus de la fleur de la vie. Nous trouvons un site pas trop cher, environ 25€ par maillot hors frais de port. Mais Pierre-Jean, le premier à tester est refoulé. Droits d’auteurs non respectés selon le fabriquant qui ne prend pas de risque. Nous partons donc vers un autre site, et c’est au bout d’une semaine de conception du nouveau modèle que nous parvenons au résultat. Nouveau logo devant, nom du site et montgolfière tricolore derrière. Plusieurs couleurs au choix : noir, blanc, bleu, rouge, jaune. Beaucoup de temps de perdu mais le résultat est satisfaisant. PJ reçoit le sien en éclaireur. Mais au moment de commander le second, la demande est refoulée à cause des droits d’auteurs. Le maillot de PJ était passé à travers les mailles du filet. Nous les ferons nous-mêmes au fer à repasser. Pour ceux qui le feront.


Début 2017, la réflexion sur le contenu de la journée du 14 juillet commence à prendre de la place dans nos esprits. Horaires, jeux, nombre de personnes présentes, tout y passe.


La patience active

Nous souhaitons aussi créer une playlist qui servira de son d’ambiance au Petit Palais. Le concept est simple, chaque membre du groupe propose quatre chansons et nous les intégrons. En fonction du nombre total de titres nous sondons ensuite ces mêmes personnes pour savoir quelles chansons de Coldplay elles souhaitent voir apparaître dans cette playlist. Au total, près d’une centaine de titre. Muse, U2, Oasis et des chansons moins connues écrites par Kodaline, Travis ou The New Coast. Concernant notre groupe favori, ce ne sont quasiment que des grands titres qui reviennent : Viva La Vida, Charlie Brown, Fix You… Surprise, pas de titre comme Hymn For The Weekend ou Paradise. Les membres ont visé des classiques, même Talk y est.

Début 2017, la réflexion sur le contenu de cette journée commence à prendre de la place dans nos esprits. Horaires, jeux, nombre de personnes présentes, tout y passe. Nous mettons alors en ligne un Google doc où chaque membre de l’équipe peut rajouter ses idées. Son nom : Organisation concerts. Un document qui sera le plan de travail de ce week-end rallongé. De prises de notes en prises de notes, des projets vagues deviennent au fil du temps de plus en plus concrets. Programmation, matériel nécessaire, jeux ou projets pour ce webdocumentaire sont tapés aussi sur ce « tableau blanc », comme l’avait appelé Julien. Un « Souper de Saint-Denis », son nom de code, qui voit sa mise en forme naître après la refonte de certaines pages du site avec un module que nous n’avions pas encore activé.

De nombreux jeux sont proposés sur le groupe, du blindtest au Scrabble Coldplay avec des lettres à remettre dans l’ordre pour trouver des titres de chansons, en passant par des énigmes, nous avons de quoi développer. Histoire de tester ces idées, nous les proposons aux membres des groupes de Paris et de Lyon avec Fiona, en charge de la rencontre le 7 juin dans la capitale des Gaules. Rencontre qui sera malheureusement avortée. Guillaume a l’idée aussi de concevoir une banderole où les fans pourront signer dessus, comme une sorte de souvenir pour l’équipe. Sarah me propose que son frère, Mickaël, réalise ce qui deviendra le reportage de ce projet. Celui qui souhaite devenir réalisateur accepte. Les membres de l’équipe sont d’accord. Une idée de portraits photos de fans est aussi lancée, pour une série de clichés unique en son genre. Deux projets complètement inédits dans notre domaine : Coldplay.

Le 31 mars, Isabelle, une des membres du groupe Facebook propose une idée : passer une commande groupée du drapeau Love Button. Le même que celui posé par Chris Martin sur la scène de Glastonbury en juin 2016. Une dizaine de personnes sont partantes. Les bénéfices sont reversés à l’ONG, afin de financer notamment des projets d’éducation. Une cause qui motive ce petit groupe de volontaires qui se compose. Mais aussi parce que Coldplay en est ambassadeur, nous n’allons pas le cacher. Que serait ce mouvement sans la promotion du groupe ? Après avoir traité les frais de douanes, chaque personne intéressée lui transfère l’argent afin qu’elle puisse passer commande. Elle propose de les envoyer ou bien de les récupérer le 14, 15 ou 18 juillet.

La barre du J-100

Quinze jours plus tard, une semaine après le passage de la barre des 100 jours, nous repérons avec Fiona, Sarah et Mickaël le lieu de la rencontre. Une journée prévue depuis plus d’un mois. Fiona est en vacances à Paris avec sa sœur pour les fêtes de Pâques. L’occasion de faire des essais et de sentir le lieu. Quelques jours plus tôt nous avons appris une très bonne nouvelle. Pour tourner les images, une personne de l’entourage de Sarah accepte de prêter un appareil photo de professionnel. Matériel magnifique pour tourner des images en HD de ce qui deviendra le premier reportage consacré à un groupe de fans de Coldplay, un week-end de concert. Son petit ami nous laisse aussi son appareil photo personnel.

En une heure trente nous faisons tous les repérages et tests nécessaires. C’est aussi la première fois que je rencontre Fiona. Toujours particulier de voir physiquement un membre de l’équipe. Elle est notamment surprise de la taille et de la tranquillité du lieu, pourtant à quelques pas de l’avenue des Champs-Élysées et de deux grands monuments que sont les Grand et Petit Palais. Mickaël prépare les différents plans pour le reportage et les interviews de fans. Il les varie, fait des tests et nous les propose ensuite. Sarah réalise le croquis du site et apporte son expérience d’enseignante de tennis, elle que j’ai connu lors d’une formation. Notamment sur le moment crucial, le début de la rencontre. L’objectif sera de mettre à l’aise les gens et de bien débuter l’après-midi. De mon côté je prends quelques photos du lieu pour les partager aux membres de l’équipe. Beaucoup d’idées émergent, des changements sont opérés par rapport au point de départ mais en rentrant, le plan de la journée est établi. Deux temps d’échanges et de participations aux différents ateliers, une partie de jeux et bien sûr, le maintien du feu d’artifice tiré depuis la Tour Eiffel, regardé depuis le Pont Alexandre III. Nous faisons avant de partir la première photo collective et d’équipe, seulement quatre pour le moment. Le midi et l’après-midi nous continuons d’en discuter, mais nous allons aussi au CSAO avec Fiona chercher quelques bracelets jokko, ceux que Chris portait lors de l’ère Viva la Vida.

Fin avril le groupe du Stade de France prend vraiment vie. Une ambiance s’installe grâce aux jeux quasi quotidiens. Nous sentons des liens se créer entre les membres. La liste des gagnants des badges personnalisés s’allonge, et nous ouvrons avec Julien et Fiona un nouveau Google doc. On doit donc innover pour alimenter le nombre de jeux proposés. Julien lance la devinette de chansons à partir d’emojis, de mon côté je teste la charade Coldplay ; en plus des traditionnels blindtests, puzzles ou questions de culture générale.


Tous ensemble, nous prenons vraiment conscience, visuellement, que nous venons des quatre coins de la France pour se retrouver au même endroit, au Stade de France.


Le tournant lyonnais

Jeudi 8 juin. Premier concert français de l’année, au Parc OL de Lyon. Répétition générale pour l’équipe à quelques semaines du week-end parisien. Deux membres de l’équipe avaient lancé, indépendamment de ColdplayFrance, un groupe Facebook pour un projet. L’objectif : brandir à la fin d’une chanson un nombre important de feuilles où serait inscrit un simple mot : « Merci ». Une réussite. Près de 3 000 feuilles ont été brandies sous les yeux du groupe sur la scène du Parc OL. Certaines personnes du groupe Facebook de Lyon ont manifesté leur souhait de retenter l’opération pour Paris. Virginie, qui s’en était occupé, prend les rennes de ce projet, qui sera partagé avec une autre communauté de fans. Un second mot sera proposé : « Love ». Ce sera donc un projet global mais indépendant, de fans pour fans. Un groupe Facebook spécial est monté, à une trentaine de jours du concert. La question est de savoir combien de pancartes seront brandies au soir du 15 juillet, date retenue pour cette idée.

Pendant ce temps, la mise en place de ce webdocumentaire avance à très grands pas. Quelques jours plus tôt le Stade de France a été le théâtre d’un shooting photos. Le lendemain, l’ensemble des slides ont été mis en place, il ne reste que des détails à régler. Mais aussi le menu à concevoir graphiquement. Quelques jours plus tôt, lors d’un live Facebook sur le groupe privé, l’ensemble des projets ont été annoncés. Dont ce webdoc. Pour le promouvoir auprès du public, nous lançons la carte de France des fans. De minute en minute, le nombre de points bleus augmente, augmente, augmente. Nous sentons vraiment une cohésion et une envie de partage entre les fans. Tous ensemble, nous prenons vraiment conscience, visuellement, que nous venons des quatre coins de la France pour se retrouver au même endroit, au Stade de France.

Phase d’approche

En même temps, les jeux pour le 14 juillet se mettent en place. Pierre-Jean animera une sorte de N’oubliez pas les paroles mais avec des chansons de Coldplay, forcément. Fiona encadrera un Scrabble Coldplay : des lettres mises dans le désordre et des titres de chansons à reconstituer. Je m’occuperai du blindtest. Une quarantaine de titres du groupe à reconnaître. Julien s’occupera d’un Schmilblick consacré au groupe, au cours duquel il faudra trouver quelque chose en lien avec Coldplay. Ces jeux se feront en équipe composées de 4 ou 5 personnes, décidées au hasard sur place le jour J. Pour cela, les fans seront équipés de bracelets avec des noms de chansons, qui correspondront à des noms d’équipes. Chacune d’entre elles naviguera entre les jeux avec une fiche navette. À la fin de chaque jeu, ils marqueront un certain nombre de points. À la fin de la journée, le meilleur total repartira avec des petits cadeaux. Notamment des badges, dont Julien a recommandé un paquet de 500 à concevoir.

Forcément, à moins d’un mois du concert, il faut régler certaines problématiques, comme la liste des objets interdits les soirs de concert. Nous postons ainsi sur le groupe du Stade de France une série de questions que les fans sont conviés de compléter avec celles qu’ils souhaitent. Liste ensuite envoyée au Stade de France peu après la mi-juin. Réponse le jour même. Contrairement à Lyon, les restrictions sont beaucoup moins drastiques. Les sacs à dos sont autorisés, tout comme les appareils photos ou encore les batteries externes. Les fameuses affiches « Merci » et « Love » peuvent aussi rentrer. À dix jours du concert, plus de 4 000 affiches ont déjà été produites. Soit plus qu’à Lyon.

Au-delà de la préparation collective,  c’est aussi celle personnelle qui débute. Notamment concernant la récupération de l’appartement avec Julien, Céline et Fiona. La dernière citée n’arrivera qu’à 14 heures le 14 juillet. Chiffre du jour. Nous récupérerons notre logement à ce même instant. Or, nous devons être avec l’équipe présente à la rencontre sur le site une heure et demie plus tard. En quatre vingt-dix minutes nous devrons donc récupérer l’appartement, checker une ultime fois le matériel pour la rencontre, accueillir Fiona et reprendre le métro direction Champs-Élysées Clémenceau. Avec Julien et Céline, nous irons donc faire les courses pour le lendemain avant l’arrivée de Fiona, juste pour gagner du temps. En espérant que son train n’aura pas de retard.

Le programme final de la rencontre est partagé auprès du reste de l’équipe une semaine avant le grand moment. Des semaines de travail et de réflexion qui tiennent dans une feuille A4. À sept jours de l’événement les derniers détails sont à régler. Le matériel pour le reportage et les photos, le nombre de stylos pour l’équipe ou les bracelets pour composer les équipes pour les jeux. Mais tout est prêt, il ne reste plus qu’à attendre le moment venu, patientant que les prévisions météorologiques nous indiquent du positif, c’est-à-dire du soleil, ou dans le pire des cas pas de pluie. Les météorologues vont confirmer cette impression, nous indiquant un large soleil tout au long du week-end avec une température agréable. Quelqu’un nous aurait dit ceci en novembre, nous aurions dit oui tout de suite, sans hésiter.

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Budget zéro oblige, nous utilisons du matériel de récupération : des lattes de lit en bois et des vieux cartons d’emballages. Grâce à un puis deux feutres noirs, le premier rendant l’âme, les règles des jeux sont modifiées, corrigées puis écrites.


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Sprint final

Les derniers jours ne sont pas de tout repos. Tout d’abord, il faut préparer les affaires. Quand on organise une rencontre, cela demande du matériel supplémentaire. Porte blocs, feuilles, appareils photos, petits lots pour les fans, colliers de fleurs… De petites bricoles qui accumulées remplissent un sac complet. Puis vient le premier moment « ça y est ça arrive » : le remplissage de la valise. Bien évidemment, les premières choses qui rentrent sont les bases: le billet, les vêtements ou encore les chargeurs. Complétée ensuite par la multiprise pour l’appartement, ou la trousse de toilette, elle est prête à partir pour Paris. Dans une poche intérieure, une pochette. Dedans, une centaine de feuilles. Autant de « Merci » qui seront brandis par des fans quelques jours plus tard, lors du premier concert. Au total, le groupe apercevra près de 6 000 affiches.

Dernier boulot pour la rencontre : la création des pancartes pour le 14 juillet. Deux jours avant l’événement. Auparavant, Sarah a récupéré les règles des différents jeux auprès des animateurs : Julien, Fiona, Pierre-Jean et moi-même.  Le tout est rassemblé dans un énième Google doc. Arrivé chez elle, nous commençons la création de ces pancartes. Budget zéro oblige, nous utilisons donc du matériel de récupération : des lattes de lit en bois et des vieux cartons d’emballages. Grâce à un puis deux feutres noirs, le premier rendant l’âme, les règles sont modifiées, écrites et corrigées. Puis les cartons collés sur les lattes, afin d’être portés par les animateurs si besoin. Posés à leur côté pendant les jeux, les fans pourront lire les règles avant de participer. Pour les transporter, nous demandons à Pierre-Jean de venir les chercher le jour J à la gare RER à proximité du lieu d’habitation de Sarah. En effet, les quatre pancartes sont grandes, et avec son frère ils transporteront déjà le trépied et une chaise pour asseoir les personnes lors des interviews. Plusieurs heures de travail mais le résultat nous plait. Les pancartes feront le job.

Julien revient deux jours avant sur le système de rotation des équipes le 14 juillet. Nous mettons en place cinq ateliers : quatre de jeux et un qui regroupera la photo portrait et l’interview. Total de cinq rotations. Julien décide alors de conserver dix noms d’équipes : Talk, Viva La Vida, The Scientist, Magic, Yellow, Birds, Fix You, Clocks, Everglow, Charlie Brown. De mon côté je trie donc les bracelets et ferme une ultime fois la pochette « Stade de France 2017 ». La dernière journée est assez longue même si le cerveau est occupé. Je file à Paris chercher la personne rencontrée grâce au groupe des concerts. « Coldplay rapproche les cœurs » dira quelqu’un. Mélange d’excitation entre le concert de samedi et une sorte de stress en pensant à cette rencontre. Plusieurs mois de travail, de réflexion et de préparation, et nous sommes à moins de 24 heures de cet événement. Le soir, alors que la lumière du jour commence à baisser, la valise et le sac changent d’étage, se retrouvant au même endroit qu’un an auparavant, à la veille du départ pour Londres. Le dernier dîner, la dernière douche, le dernier regard vers les affaires en se demandant si rien ne manque, même si la checklist a été vérifiée plusieurs fois, et dernier coucher. Demain sera une journée particulière.