Du lever au coucher du soleil, (re)vivez avec Benji la journée du 15 juillet, date du premier concert de Coldplay au Stade de France. Un récit certes subjectif, mais au sein duquel vous serez nombreux à vous retrouver, que vous ayez vécu le concert du dimanche ou du mardi. Entre Châtelet et le Stade de France, voici donc sa journée. Celle d’un concert attendu depuis huit mois.

Une crampe. Puis à côté de moi un coup de pied dans une table. Comme réveil nous avons vu moins efficace. Ce 15 juillet 2017, date pas comme les autres, aurait pu mieux débuter pour Fiona et moi-même. Il est 5 heures 50 et nos téléphones vont sonner dans 10 minutes afin de faire lever la troupe de Châtelet. « Ça va le pied ? ». « Oui ça va. Au moins on est réveillés », me répond Fiona. Dix minutes plus tard Lovers In Japan réveille l’autre lit occupé par Céline et Julien. La courte nuit est visible sur nos visages. Mais rapidement l’adrénaline d’un jour de concert prend le dessus. À tour de rôle nous filons dans la salle de bain pour nous changer et faire le minimum au niveau de la toilette. Puis nous préparons les sacs. Je prends aussi deux pancartes de jeux qui serviront désormais à poser nos fesses sur le bitume du Stade de France, dans quelques minutes désormais.

Après avoir dévalé les quatre étages, désormais mythiques, nous sortons de l’immeuble et apercevons le soleil qui pointe le bout de son nez. Mais Céline fait une remarque : « On risque pas d’avoir froid ce soir sans nos vestes ? ». En effet hier le temps était frais en rentrant du feu d’artifice. Alors nous faisons demi-tour et allons chercher de quoi nous couvrir le soir. Ou comment perdre cinq minutes pour des broutilles. Direction désormais le forum des Halles pour rejoindre le Stade de France. Les commerces sont ouverts le dimanche. Nous sommes donc fouillés par les agents de sécurité qui nous regardent bizarrement. Surement nos tenues et nos pancartes. Puis nous arrivons au quatrième sous-sol, celui des transports. Une fois les tickets achetés, nous pénétrons dans le pôle RER. Je me sépare alors de Fiona, Céline et Julien qui empruntent le RER B. Je file en direction de la ligne 14 afin de rejoindre ma petite-amie avec qui je vais voir le concert, mais aussi en compagnie de Pauline, une fan de Muse rencontrée l’an passé au Champs de Mars.

« Un stade immense »

Arrivé à Saint-Lazare, je fonce vers la ligne 13 en direction de Porte de Clichy. Avec elle, nous allons ensuite au Stade de France par cette même ligne. Sur le trajet, après avoir croisé des jeunes revenant de soirée légèrement alcoolisés, je la charrie sur sa première venue au Stade de France, qui sera aussi son tout premier concert de Coldplay. « Tu vas voir quand tu vas l’apercevoir, il parait immense. À côté un Zénith c’est minuscule ». 8 heures 45. Nous descendons du métro à Saint-Denis Porte de Paris alors que Julien, Céline et Fiona sont déjà dans la queue porte R. En haut de l’escalier, j’aperçois tout de suite le toit de l’enceinte. Je suis surpris car c’est la première fois que je passe par la ligne 13 pour rejoindre le Stade de France. « Attention au choc on le voit de suite », dis-je à ma copine. Le choc sera tout de suite présent car l’émotion se fait déjà sentir sur son visage. Des années d’attente et la fameuse prise de conscience. « Je te l’avais dit, c’est quand tu vois le stade que tu réalises ». Je me revois un an plus tôt en arrivant à Wembley.

Après quelques minutes de marche en suivant le stade des yeux, nous arrivons en bas d’un escalier. Au dessus de nos têtes, la passerelle qui longe le stade d’échauffement. Passerelle servant aussi pour prendre les photos du stade dans son ensemble. En haut de ces marches, nous nous attendons à nous faire contrôler, comme cela est prévu. Mais non. Aucun vigile à ce niveau-là. Mais d’autres sont présents en direction de la porte R, à quelques mètres de nous. Nous longeons la rue Henri Delaunay pour rejoindre la porte H. Entre les grilles et à travers une porte, nous voyons le bout de la B stage. « On sera là tout à l’heure ». Puis nous passons devant les early déjà dans les barrières de la file d’attente. Puis nous arrivons à destination. Nous sommes les quinzième et seizième personnes arrivées porte H. Des fans munis d’un stylo écrivent ces deux nombres sur nos mains. Deux vigiles sont présents, tout comme des barrières qui attendent d’être installées. Puis arrive Pauline la muser qui vivra le concert avec nous. Grand sourire après la rencontre de la veille. Ça sent le jour de concert.

Présentation d’un projet

En attendant d’être rangés dans cette file, nous commençons notre petit déjeuner, près de trois heures après s’être levés. Au milieu de l’avenue, un camion, celui du merchandising. En face, la porte G, où seules quelques personnes attendent dans les barrières déjà prêtes. À peine de quoi les compter sur les doigts de la main. Puis entre deux barres de céréales chocolatées, des agents du stade nous demandent de nous lever et de nous poser le long de l’avenue avec nos sacs. En une dizaine de minutes, deux files de barrières, longues d’une quinzaine de mètres sont préparées. Pendant ce temps, je file du côté de la porte R saluer le reste de la bande de Châtelet. Peu de monde en plus de ce côté-là, ce qui me permet d’approcher Céline, Julien et Fiona. La sudiste me donne alors un paquet de feuilles « Merci » et « Love ». Celles du projet. Je repars donc du côté de la porte H avec une grosse centaine de papiers à distribuer. Retour rapide vers le centre névralgique de la journée, la file de notre porte d’entrée. Celle des earlys commence d’ailleurs à bien se remplir.

Arrivé devant la barrière, je me retrouve face à une quarantaine de personnes. Du monde est arrivé entre temps. Armé de mon paquet de feuilles et de mon badge équipe, je demande l’attention de tout le monde. Pendant près d’une minute je me charge d’expliquer le projet à cette bande de fans. À la fin de A Head Full Of Dreams, tout le monde devra lever sa feuille jusqu’au début de Yellow. Puis je me faufile entre les jambes afin de distribuer à tout le monde. Au bout de la queue, j’explique aux dernières personnes, deux jeunes couples, qu’il faudra distribuer au fur et à mesure de la journée les feuilles en fonction des arrivées. Puis je fais le chemin en sens retour en évitant d’écraser une jambe ou un pied. Il y a des moments comme celui-ci où je regrette de faire du 44. Une fois arrivé à ma place, nous installons les cartons arrachés des pancartes de la veille. Histoire de ne pas trop avoir mal au derrière. Je peux enfin terminer mon petit déjeuner. Pauline propose alors d’aller chercher des cafés au fast food juste à côté. Quelques minutes plus tard, ce sont trois gobelets qui seront descendus.


La dernière heure est interminable. Les agents de sécurité attendent derrière la porte, prêts à fouiller les sacs. Ceux à côté de nous trient les poubelles. Au dernier plan, les cartons de xylobands et de love button attendent sagement leurs futurs propriétaires.


Le Stade de France, ce petit village

Très rapidement, la file d’attente s’allonge. Vers 11 heures, ce sont déjà près de deux-cents personnes qui attendent le long de la rue. Cela me surprend car à Wembley nous n’étions qu’une trentaine à midi. Puis le soleil apparaît au dessus de nos têtes, sortant des bâtiments et des arbres le long de la rue. La température monte et les bouteilles commencent à se vider. Tout comme la crème solaire qui risque d’être bien utile. Et encore, le concert d’aujourd’hui est le moins chaud. Le pic est attendu pour mardi avec une météo caniculaire. Pour nous occuper, nous jouons à trois au Jungle Speed avec une bouteille comme totem. Prêts à tout pour gagner, un petit groupe de fans juste à côté de nous nous regarde avec attention et rigole à moitié. On pourrait presque nous entendre jusqu’à la porte G. Moment convivial qui permet de tuer le temps, même si celui-ci passe encore très vite. Puis arrive l’heure du déjeuner et son lot de sandwichs et gâteaux dans la file d’attente qui ne cesse de grandir. À vue d’œil nous sommes déjà près de cinq-cents à attendre. Il n’est que 13 heures.

Peu avant 14 heures je file voir les earlys pour prendre des nouvelles. Certains étaient présents la veille lors de la rencontre. L’occasion aussi de découvrir de nouvelles têtes. L’ambiance est bon enfant. Je fais demi-tour pour leur chercher quelques badges à l’effigie du site. Puis ma petite amie me rejoint et nous partons de l’autre côté du stade voir une de ses amies porte S. Le monde est impressionnant. Une file interminable, comme un labyrinthe de fans. Mais il y a deux queues : une porte R et l’autre porte S. On pense déjà au bazar à l’ouverture. Puis après avoir trouvé son amie, nous entendons du bruit plus loin. Des Italiens ont doublé quasiment toute la file et les vigiles les persuadent de faire demi-tour. Après quelques minutes de discussion ils partent sous les applaudissements. Porte R nous n’apercevons même plus la troupe de Châtelet. Mais avec le merchandising qui a ouvert à 14 heures et les différentes buvettes le Stade de France se transforme en « petit village ». Petit village de plusieurs milliers de personnes.

Earlys coincés à la grille

Au retour à notre place nous cherchons nos portefeuilles pour aller au merchandising. Pauline m’accompagne. Je repars avec l’affiche du concert et Pauline avec un tshirt, « je verrai mardi pour la casquette ». Amélie revient ensuite avec elle aussi l’affiche du Stade de France. Quelques minutes plus tard les premiers agents avec des cartons arrivent. Le soleil cogne. L’eau descend à vitesse grand V et le tube de crème solaire se vide. Puis à 15 heures le speaker du Stade de France annonce l’ouverture des portes deux heures plus tard. Les deux heures les plus longues de la journée débutent. Celles où nous attendons patiemment la validation du billet. Nous faisons quelques allers-retours aux toilettes mobiles pour être tranquilles dans la fosse. Sous la chaleur je décide de passer quelques minutes à l’ombre en dehors de la file. L’occasion de se rendre vraiment compte du monde qui patiente gentiment devant les grilles. L’occasion aussi de commencer à rêver de finir à la barrière, comme à Wembley. Seizième de la porte la plus proche de la scène, c’est jouable.

La dernière heure est interminable. Les agents de sécurité attendent derrière la porte, prêts à fouiller les sacs. Ceux à côté de nous trient les poubelles. Au dernier plan, les cartons de xylobands et de love button attendent sagement leurs futurs propriétaires. Les earlys sont parqués à l’entrée de la fosse. Ils y resteront plus d’une heure. Mais nous avons quelques informations. Une partie du DVD live sera bien tourné ce soir, et pendant les trois dates parisiennes. Tout le monde est équipé de deux bracelets, comme en 2012. Idéal pour avoir de meilleurs effets de lumière. De notre côté nous nous débarrassons des derniers déchets pour rentrer avec le sac le moins plein possible, afin de perdre un minimum de temps à la fouille. Nous apprenons alors que les drapeaux sont interdits. Suite à un conseil je range les miens dans les manches du pull d’Amélie. L’endroit que personne ne vérifiera. Puis arrive 17 heures et l’heure logique d’ouverture des portes. Mais les earlys sont toujours coincés depuis le soundcheck de quelques secondes où le groupe a joué le début de A Head Full Of Dreams.

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Entrée mitigée

Quinze minutes plus tard c’est le tollé. Les portes s’ouvrent porte G mais pas chez nous. Une fille arrivée la veille râle, à raison. Après une minute de doute du côté des vigiles ceux-ci nous délivrent enfin. Avec Amélie et Pauline nous nous attendrons derrière la fouille. Aucun souci avec la validation du billet, mon sac est ouvert et je le présente au vigile. Un homme assez froid d’apparence. Ce ne sera pas qu’une sensation. Certains à côté sont à peine fouillés. Puis il sort la sacoche de mon appareil photo, un bridge. « Ils sont interdits, vous devez le déposer à la consigne », me dit-il sèchement. Je lui réponds sur le même ton : « Hier encore ils étaient autorisés ! On n’a pas eu l’info aujourd’hui c’est n’importe quoi ! ». « La production a décidé aujourd’hui, alors vous déposez votre appareil ! ». D’accord, merci pour les infos et la perte de temps. Après avoir déposé mon appareil à la consigne je retourne voir mon gentil vigile. Il continue donc sa fouille, et me pose la question intelligente de la journée. Il saisit mon carnet de notes et demande de quoi il s’agit, ce à quoi je lui réponds d’un air désabusé : « Un livre… ».

Une fois libéré je fonce vers la fosse. J’appelle Pauline qui a tenté de me joindre. Elle me décrit où elle se situe dans cette masse. Je me retrouve en haut de l’escalier face à une foule assez importante, un poil en panique à l’idée de ne pas les retrouver. Mais avec ses descriptions j’arrive à les apercevoir et les six ou sept personnes devant moi acceptent gentiment de me laisser passer. Après ces péripéties je me retrouve avec ma copine et une amie. Mais pas de barrière. Cinquième rang. Tout ça pour un appareil photo encore autorisé la veille. Un poil de déception mais la vue est tout de même géniale. La scène est toujours aussi belle et impressionnante. Tout de suite la chaleur humaine se fait sentir. Avant l’arrivée de Lyves vers 19 heures 15 une fille passera à deux doigts du malaise. Un médecin est venu l’aider. Mais l’organisation du Stade de France n’est pas exceptionnelle. Aucune goutte d’eau n’est disponible dans la fosse. Amélie qui tentera d’aller aux toilettes à la sortie de la fosse ne trouvera pas de robinet. Impossible de remplir ses bouteilles. Nous passerons plus de six heures dans la fosse.


Sur le pantalon de Tove Lo est inscrit « Fairy Dust », le nom de son court métrage supprimé de YouTube. Une setlist de dix chansons qui chauffe littéralement le Stade de France. La chanteuse nous partage son énergie folle. Intenable.


« C’est un vrai plaisir d’être ici à Paris »

L’ambiance est géniale. Une ola est même lancée avant la première partie. D’ailleurs sur scène les roadies s’agitent sur les instruments de Lyves. Derrière eux, des bâches protègent les instruments de Coldplay. Nous distinguons tout de même la batterie et la cloche de Viva La Vida. « Regardez à droite de la scène », nous dit Pauline. Dingue, des membres du staff de Coldplay jouent au frisbee tranquillement à quelques mètres du public. La décontraction incarnée. Puis le public lance les chœurs de Viva La Vida. « À côté Wembley est presque un cimetière », dis-je à ma copine. J’exagère mais l’idée est là. Le Stade de France est dingue, prêt à célébrer le retour de Coldplay après cinq ans d’absence. Puis l’idée d’être filmé motive encore plus. Nous nous demandons notamment si le groupe ne jouera pas Fun avec Tove Lo pour l’occasion. Ce serait une première depuis le début de la tournée. « On a bien eu Rihanna en 2012, ce serait chouette d’avoir Tove Lo en 2017 ». Pas faux.

Puis vers 17 heures Lyves arrive sur scène avec ses musiciens. Habillée avec une robe élégante, elle nous propose sa musique apaisante. Certains pourront dire molle ou « chiante », mais sa voix magnifique berce le Stade de France. Idéal pour démarrer en douceur. La chanteuse, originaire de Londres, n’hésite pas à faire quelques mètres sur l’avancée et à nous regarder. Souriante, pendant plus de vingt minutes elle nous présente son EP, Like Water. Pas mal faire la première partie de Coldplay avec seulement un EP dans sa discographie. Et nous fait un petit clin d’œil en français : « C’est un vrai plaisir d’être ici à Paris ». Une musique apaisante, entre la soul et le r’n’b malheureusement gâché, en partie, par une basse très lourde. Pas de quoi danser, mais de quoi capter le public, à deux doigts de lui donner une petite claque grâce à sa voix, qu’elle maîtrise à merveille. De jolies mélodies avant de recevoir Tove Lo sur scène.

Concert en approche

La voilà. Une tenue légère, jaune. Sur le pantalon est inscrit « Fairy Dust », le nom de son court métrage supprimé de YouTube. Une setlist de dix chansons qui chauffe littéralement le Stade de France. La chanteuse nous partage son énergie folle. Intenable. Entre des chansons de son premier album et quelques pistes de Lady Wood sorti en 2016, la Suédoise nous propose dix chansons rythmées bien dans son style electropop. Le public est captivé, lève les bras, chante par-dessus la voix de l’artiste. Pendant plus de quarante minutes, Tove Lo ne nous lâche pas, danse sur ses titres et visite la scène. Aucune pause, la sensation d’avoir un vrai concert avant la venue de Coldplay. Nous n’avons pas l’impression de vivre une première partie. On en redemanderait presque. Tove Lo est partie sur une dernière chanson, son titre le plus connu : Stay High. Peut-être une consigne pour ce qui nous attend dans quelques minutes. Elle quitte la scène, en espérant la revoir avec Coldplay.

Puis les roadies s’activent. Les bâches sont retirées laissant apparaître les instruments. Les guitares et la basse sont accordées. Dans nos têtes le concert a déjà commencé. Juste entendre les notes sortant de ces cordes donnent l’impression d’avoir Coldplay, ou presque. Des membres du staff grimpent le long des guirlandes de plus de dix mètres de haut, se retrouvant ainsi à gérer les lumières. Avec peut-être la meilleure vue possible. Le public est plus que chaud, de nouvelles olas sont lancées, dont l’une fera plus de quatre fois le tour du stade. Quatre fois. Même la tribune présidentielle s’en mêle. Exceptionnel. Comme il est de coutume à un concert, le groupe n’est pas présent à l’heure indiquée. Il est 21 heures 15 et le soleil tombe. Les xylobands brilleront dès leur allumage. Les minutes passent et chacune d’elles nous rapproche de la montée sur scène du groupe. On ne tient plus en place. Nous préparons nos affiches « Merci » et « Love » pour les brandir à la fin de la chanson d’ouverture.

« Bienvenue mes amis »

Puis la voix de Maria Callas retentit dans le stade. O mio babbino caro ouvre la voie à Coldplay. Comme un hymne, les dernières secondes avant l’événement tant attendu. Puis les lumières s’abaissent. Une image de fans, deux Argentins lors du concert de Coldplay à Buenos Aires en mars 2016. Le premier de la tournée. Sur les écrans latéraux, nous suivons la montgolfière qui passe dans toutes les villes où le groupe a joué. Au centre, un panorama de ces vidéos de fans qui ouvrent traditionnellement le concert. Un compte à rebours de plus de quarante secondes. Sur les dix dernières nous hurlons. Enfin, deux jeunes gens, drapeau tricolore à la main ouvrent définitivement le spectacle : « Ce soir nous célébrons la vie et l’amour. Viva la Vida ! Et maintenant accueillons sur scène le plus grand groupe du monde : Chris, Will, Jonny et Guy. Coldplay ! ». Les xylobands s’allument et se parent de rouge. Les bras se lèvent. Les images laissent place à la fleur de vie.

La voix de Charlie Chaplin, celle du discours du Dictateur. Des frissons. En fond l’ouverture de A Head Full Of Dreams. Le public est intenable. Puis Will est le premier à monter sur scène, s’installe derrière sa batterie et tape sur la cymbale. Les notes de Jonny démarrent et Chris s’envole sur l’avancée. C’est parti pour de bon. Près de trois minutes d’ouverture pleines de rythme. Le stade chante à l’unisson A Head Full Of Dreams. Puis le chœur. Le chanteur court vers la B stage et les canons s’ouvrent, libérant le rideau de confettis devenu un des symboles de cette tournée. Les plus hauts montent à près de dix mètres. On ne voit presque plus la scène. Magique. Nous saisissons ensuite nos affiches, les levons face au groupe jusqu’au début de Yellow. Cette deuxième chanson est le premier grand tube du groupe. Et toujours aussi connu. Les quelques 160 000 bracelets, devenus jaunes, animent cette chanson. « You know I love you so ! ». Sur la fin de la chanson, Chris nous parle, avec un petit mot en français : « Bienvenue mes amis ! ». Bienvenue chez vous les mecs.


Des lasers traversent tout le stade terminant leur route dans les publicités du stade. Une gifle de cinq minutes. Un des instants les plus rocks de la soirée. Le Stade de France devient rouge.


Un regard pour l’éternité

Puis vient le premier single de Mylo Xyloto : Every Teardrop is a Waterfall. De magnifiques couleurs sur les écrans. Chris a changé de guitare, un drapeau Français se trouve au bout de la caisse. Les xylos sont en accord avec le haut du chanteur, tout en violet. « But still I’ll raise the flag ». Il prend ensuite le drapeau et le brandit face au public. Deuxième série de confettis. Cette fois-ci les papillons de 2012 flottent dans l’air du stade. Par centaines. Le sol en est recouvert. Des feux d’artifices sur le toit du stade. Puis le dernier coup de batterie et le premier accord de The Scientist. Cinq minutes d’émotion sur une des plus belles chansons de Coldplay. Le public reprend le refrain et Chris nous parle à la fin de la chanson. « Merci beaucoup tout le monde. Et à ce moment je dois dire que je… je… je ne peux pas parler français je suis désolé ». Mais il poursuit : « Nous sommes tellement heureux d’être ici avec vous, et si vous voulez chanter avec nous ce serait un plaisir ».

Reprise de la guitare et début de God Put A Smile Upon Your Face, le retour dans cette version 2017 de la tournée. Un arrangement quasi parfait, et une fin sublime où Chris chauffe littéralement chaque partie du public. Une fin presque interminable mais tellement appréciable et appréciée. Et nouveau tube ensuite. Paradise. Les xylobands s’allument de toutes les couleurs. La pénombre les rendent brillants à souhait. Vient ensuite le remix de Tiesto joué en live. Une vraie claque. Le Stade de France se transforme pendant quelques instants en boite de nuit à ciel ouvert. Chris court dans tous les sens avant de se saisir de sa Fender électrique. Les lumières deviennent complètement folles, et la batterie doit souffrir. Pour notre plus grand plaisir. Le groupe quitte ensuite la scène principale et rejoint la B stage. L’occasion pour ma copine et moi-même de brandir une affiche en anglais dont voici la traduction : « Nous nous sommes rencontrés grâce à Coldplay ». Chris la voit et nous regarde pendant plusieurs secondes, et nous fait un grand geste. Sensation magnifique. Sensation inoubliable.

« We’ll be glowing in the dark »

Le groupe débute ensuite Always In My Head. Chanson sublime pour démarrer cette partie toujours aussi attendue. Un seul spot éclaire le groupe. Le public devient subitement calme, comme apaisé par cette chanson. Résonne ensuite la ligne de basse de Magic. Comme la sensation d’écouter Ghost Stories. Mais en live. L’émotion gagne les visages autour de moi. Ces chansons ont une sorte de pouvoir difficile à décrire. Captivant. Chris Martin pose ensuite sa guitare et reste seul sur scène. Il démarre Everglow dans sa version solo. Le micro donne une sorte d’écho dans le stade. Les visuels sont magnifiques. Le public, spontanément, allume les lampes des téléphones portables et les brandissent face au chanteur. Puis Chris se foire à la fin du premier refrain. Et doit même s’y reprendre à deux fois, s’en amusant. Enfin, Jonny démarre son riff, seul, sur la scène principale avant qu’un discours de Mohammed Ali ne conclue cette chanson.

Des notes mythiques. Celles de Clocks. Des lasers traversent tout le stade terminant leur route dans les publicités du stade. Une gifle de cinq minutes. Un des instants les plus rocks de la soirée. Le Stade de France devient rouge. La vue depuis la fosse est impressionnante. Les effets sur les écrans ont aussi leur charme. Les plans se multiplient d’ailleurs. L’impression qu’on va avoir mal au crâne. Puis quelques secondes de calme avec Midnight. Quelques images inspirées du clip animent cette partie. Tout ceci avant la tempête. Charlie Brown. Le riff d’intro. Des bras levés. Des couleurs. Puis Chris arrête la chanson au premier couplet, demande de ranger les téléphones et Jonny reprend du début. Plus de 150 000 lumières illuminent Paris. La chanson des xylobands. « We’ll run riot, we’ll be glowing in the dark ». Et tout le monde relève les bras. Peut-être le meilleur moment de cette soirée. Des images inoubliables quand on regarde les écrans. Presque envie d’être quelques dizaines de mètres plus haut pour admirer le spectacle.

Chansons de fête

Pas de répit avec Hymn For The Weekend, ouvert avec le mix d’intro sur les notes de piano de Charlie Brown. Des flammes sur le refrain et bien sur le deuxième rideau de confettis sur la dernière partie, encore plus impressionnant que le premier. À deux doigts d’en bouffer. Chris Martin enchaîne sur Fix You avec le mix de Midnight. Un des moments les plus émouvants sur un titre qui l’est tout autant. Le public reprend le refrain, par deux fois, avant le solo de Jonny sur ses quelques notes de guitare. Sur deux cordes. Chris remonte l’avancée en courant avant l’arrivée des feux d’artifice dans le stade. Les xylos restent allumés dans le silence. Puis s’éteignent pour Viva La Vida. L’hymne de Coldplay. Mon moment préféré, sur la chanson qui m’a fait connaître ce groupe. Et à laquelle je dois beaucoup. Puis le chœur, repris par tout le stade, résonne dans la fosse. Et le dernier refrain, chanté à l’unisson. L’envie que cette chanson ne s’arrête jamais.

Arrive ensuite le solo de guitare d’Adventure Of A Lifetime. Des ballons gonflés sont lâchés dans la fosse pour cette chanson festive. Les xylos clignotent de toutes les couleurs. Les singes du clip dansent sur les écrans. Chris donne même un coup de tête dans un des ballons qui repart illico presto dans la fosse. Ceux-ci traverseront toute la fosse. Je suis passé à deux doigts, à deux mains plutôt, d’en taper un. Juste pour le kiffe. Sur la dernière partie le chanteur nous demande de nous accroupir. Ça prend de la place mine de rien. Puis on bondit tous sur la reprise avant la fin de la chanson. Le groupe quitte ensuite la scène et Kaleidoscope résonne dans le stade. Les xylobands imitent le spectre de couleurs passant du rouge à l’orange, puis du vert au bleu. Un joli moment qui ne nous donne pas l’impression que le groupe est absent. La voix de Barack Obama anime ces quelques minutes de répit avant le retour du groupe au milieu de la fosse, sur la C stage.


Sur la dernière partie de A Sky Full of Stars, lors de l’ultime lâché de confettis, un spectateur déguisé en éléphant monte sur la scène. Lui et le chanteur dansent ensemble. Un rêve de fan de réalisé pour ce garçon qui monte sans pression devant 80 000 personnes.


Chanson de mes rêves

Puis le kiffe total. Une chanson que je rêvais d’avoir. Quelques jours avant : « In My Place en C stage ça serait tellement génial… ». In My Place. Un riff d’intro avant cette première balade. Le piano de Will remplace la batterie. Puis arrive une chanson encore plus ancienne : Don’t Panic. Chris laisse la voix à Jonny et Will pour un duo assez rare mais qui rend vraiment bien. Nous regardons cette partie du concert sur les écrans. Même ma grande taille ne me permet pas de distinguer les gars d’aussi loin, J’aperçois simplement les projecteurs braqués sur le groupe. Vient enfin la request demandée par une jeune fille, une chanson « qui lui évoque beaucoup de souvenirs ». Us Against The World. Chris prolonge la dernière partie avec un texte semi improvisé. Une partie que l’on ne trouve pas sur la version studio. Pendant près de deux minutes il reste seul sur cette petite scène, les trois autres retournant vers la scène principale. Le stade plonge dans la pénombre avant le rappel.

Quelques notes de guitare ouvrent cette dernière partie de concert. Voici Something Just Like This, le tube de 2017 composé avec The Chainsmokers. Une grosse batterie, des feux d’artifice, des flammes pour faire monter la température même s’il n’y en a pas besoin. Le Stade de France redevient cette boîte de nuit à ciel ouvert. Les xylos reprennent des couleurs. Une chanson qui envoie pour un lancement de rappel. Et des confettis. Beaucoup de confettis. Arrive ensuite A Sky Full Of Stars. Des étoiles sont projetées sur les écrans. Les gens dansent, chantent, sourient. On sent la fin de concert ou chacun profite encore plus de ces dernières minutes. Chris Martin le showman montre une dernière fois ses talents dans ce domaine. Puis sur la dernière partie de la chanson lors de l’ultime lâché de confettis, un spectateur déguisé en éléphant monte sur la scène. Lui et le chanteur dansent ensemble. Un rêve de fan de réalisé pour ce garçon qui monte sans pression devant 80 000 personnes.

« Believe in love »

Puis vient l’ultime chanson, Up&Up. Les images du clip sont diffusées sur l’écran central. Un dernier récital plein d’émotions. Peut-être la meilleure chanson de clôture de concert de Coldplay. Près de huit minutes que nous apprécions à 200%. Notamment pendant le solo de Jonny impressionnant à regarder lorsque la caméra est braquée sur lui. Je chante à pleine voix les refrains. Une dernière fois avant de les revoir dans quelques années. Le groupe n’a pas négligé les derniers feux d’artifices sur la scène et le toit. Ils n’ont pas fait semblant. Magnifique. Et Chris en français : « Nous devons partir ». Puis le public lui répond : « Non ! ». « Pour deux années », l’info du soir. « Mais avant de partir je voudrai dire merci à la sécurité, à la gendarmerie… » Puis il reprend en anglais : « Aux magnifiques Lyves et Tove Lo. Merci à tous pour cette soirée exceptionnelle du 15 juillet 2017 à Paris. Merci à tous, au revoir et bonne nuit. » Et le « One big band » pour finir accompagné du « Believe in love » avec les derniers tirs multicolores sur le toit du Stade de France. Le groupe salue le public et s’en va sous les applaudissements. Nous laissant orphelins.

Spontanément le public chante le chœur de Viva La Vida puis quitte petit à petit le stade. Arrive le temps du ramassage de confettis et les retrouvailles avec le clan de Châtelet. Je croise quelques visages connus pour un dernier bonsoir. Des têtes que je ne reverrai pas avant longtemps. Sur la route nous cherchons un peu d’eau. Une quête difficile mais un roadie en donne quelques gouttes à ma petite amie. Puis vient le temps de regarder une dernière fois la scène. De remonter cet escalier et de récupérer ce foutu appareil photo à la consigne. Nous retrouvons ensuite Geoffrey, sa femme et Virgnie porte U. Petit débriefing du concert avant de rentrer. C’est la première fois que nous les rencontrons après plus d’un an de collaboration dans cette équipe. Nous sommes quasiment les derniers à quitter le parvis du Stade de France après minuit. Le groupe revient demain et mardi mais pour moi l’aventure A Head Full Of Dreams se termine ici. Au Stade de France. Je repars, la tête pleine de rêves.